GASPARD II DE COLIGNY
Gaspard de Coligny est un noble amiral français né le 16 février 1519 à Châtillon sur Loing.
Il est le fils de Gaspard 1er de Coligny, maréchal de France sous François 1er, et de sa femme Louise de Montmorency. Il est le frère d’Odet, cardinal de Châtillon et de François d’Andelot.
Gaspard 1er mourut en 1522, Gaspard II fut élevé par sa mère avec ses trois frères.
1530-1542 : adolescence à la cour de François 1er
En 1533, François 1er maria son fils Henri le dauphin, à la nièce du pape Clément VII, Catherine de Médicis. Reconnaissant, le pape offrit à la France sept places de cardinaux, dont Odet de Coligny, qui avait à peine 16 ans, fut l’un des bénéficiaires.
Pendant ce temps Gaspard poursuivait ses études en compagnie des enfants du roi. La cour se déplaçait beaucoup, et les jeunes Coligny suivaient le roi de château en château.
Gaspard s’était fait des amis, notamment le jeune François de Guise. Avec son frère François, il jouissait d’une certaine popularité qui fit que la disgrâce de Montmorency, en 1541, n’affecta pas leur présence à la cour. En 1542, les Coligny allaient faire leurs premières armes.
1542-1546 : premières armes
Odet avait choisi la carrière ecclésiastique, il ne restait aux jeunes Coligny que les armes pour se faire un nom. La guerre déclarée contre Charles Quint, Gaspard fit campagne au Luxembourg, dans le Comté de Flandre, en Italie ou il participa à la victoire sans lendemain de Cérisoles. La paix signée avec l’empereur (1544), il prit part à l’offensive navale contre les Anglais. Plusieurs fois blessé dans ces combats, il se distingua par son audace. La paix fut signée avec Henri VIII d’Angleterre en 1546 laissant Coligny libre de faire, comme c’était l’usage à l’époque pour les jeunes gens de bonne famille, un voyage en Italie. Il séjourna notamment à Ferrare chez la duchesse d’Este, mais la mort de François 1er le 31 mars 1547 précipita son retour en France.
Règne d’Henri II
Gaspard fut nommé gentilhomme ordinaire de la chambre du roi et décoré de l’ordre de Saint Michel. En 1547, il reçu la charge de colonel général de l’infanterie. Cette même année fut marquée par la mort de sa mère Louise de Montmorency. (1)
Ambassade à Londres
Le règne d’Henri II commença par une reprise des persécutions contre les réformés et des menaces du côté anglais qui refusait toujours de rendre Boulogne occupée.
Coligny fit partie de la délégation qui se rendit à Londres pour négocier la Paix. Il rencontra le jeune Edouard VI sous le règne duquel la réforme anglicane se radicalisait pour se rapprocher du protestantisme. De retour à Paris, se jugeant mal récompensé des efforts qu’il avait déployés au service du roi, Coligny se retira sur ces terres et profita de ses loisirs pour rédiger un code militaire très rigoureux qui avait pour but de moraliser le comportement des troupes.
Guerres contre l’Espagne
Le roi le rappela bientôt et Coligny repartit en campagne. Ecarté du siège de Metz par François de Guise, il contribua à la victoire de Renty,
s’emparant notamment de l’artillerie espagnole. Il fut nommé amiral de France en 1552 et gouverneur de Picardie.
Guerres de religion
Adhésion à la réforme
Après la mort du roi Henri II, il conserve ses fonctions et demeure chargé, en tant qu’amiral, d’organiser la flotte de secours pour l’Ecosse. Il démissionne en janvier 1560 de sa fonction de gouverneur de Picardie. Las des intrigues de la cour et écarté du pouvoir par les Guise, il se retire régulièrement chez lui à Châtillon sur Loing. La lecture des livres des novateurs changea ses opinions religieuses, il se convertit au protestantisme.
La chute des Guise à la mort de François II le satisfait. Durant l’année 1561, il jouit avec ses frères d’une grande faveur auprès de Catherine de Médicis et ne désespère pas de la voir adhérer à la réforme.
Il participe au conseil de roi et joue un grand rôle dans la politique royale de conciliation. Cependant, la violente réaction catholique à l’Edit de Janvier (1562) obligea la reine mère à se séparer de lui et Coligny rentra sur ses terres.
C’est là qu’il apprend la nouvelle du massacre de Wassy et la marche à la guerre.
Chef de guerre
En 1562, lorsque la guerre éclata entre le parti protestant et le parti catholique, Coligny s’engagea aux côtés du prince de Condé.
Il participe à la bataille de Dreux qui marque la défaite de l’armée protestante face à l’armée royale.
En 1563, on l’accusa d’avoir commandité l’assassinat du duc de Guise par Poltrot de Méré.
En 1567, les armes ayant été reprises de part et d’autres, il quitta la cour avec Condé pour se réfugier en Bourgogne, puis à la Rochelle (1)
Coligny prit part à plusieurs combats et vit les défaites s’accumuler.
Coligny fuit alors vers le sud avec ses troupes, échappa à Monluc et Montmorency-Damville, et rejoignit l’armée des « vicomtes » en Languedoc. Il put alors reprendre l’initiative, leva des troupes, pilla les villages catholiques et remonta jusqu’à la Charité-sur-loire. Menaçant ainsi Paris. (1)
(En 1570, une grande armée protestante ayant à sa tête l’amiral de Coligny et Montgomery, vient camper à 15 Kms de Toulouse et brûle une partie du faubourg Saint Michel.
Après ce pillage, Coligny, par la route de Carcassonne se dirige vers Castanet, Vigoulet, Espanès, Montbrun puis Venerque et le Vernet vont être prises et plus ou moins pillées selon l’attitude des seigneurs et de la population.) (2)
(Pour fortifier Venerque, Il fera construire des remparts. Ces fortifications seront par la suite détruites sur ordre du Duc de Ventadour)
Le 8 août 1570, le roi céda et ce fut alors la paix de Saint Germain en Laye.
Assassinat
Coligny chercha alors à rentrer dans les bonnes grâces de Charles IX, qui l’avait condamné à mort et fait confisquer ses biens.
En 1571, il rentra à la cour et le roi lui fit bon accueil.
Les catholiques de la cour cependant le haïssaient et son influence sur le roi fut limitée.
Le22 août 1572, Charles de Louviers, seigneur de Maurevert, tira sur Coligny depuis une maison appartenant aux Guise. Les historiens sont encore partagés sur l’identité du commanditaire de cet attentat, les principaux suspects étant :
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Catherine de Médicis en personne
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Les Guises
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Le duc d’Albe qui aurait agi pour le compte de Philippe II d’Espagne.
Ayant envoyé précédemment son chirurgien Ambroise Paré, Charles IX accompagné de sa mère et de son frère, se rendit au chevet du blessé, lui promettant justice. Mais l’assassinat de tous les chefs protestants fut alors décidé et dans la nuit du 23 au 24 août 1572 éclata le massacre de la Saint Barthélemy. Coligny fut achevé dans son lit, à coups de dague et son corps fut jeté par la fenêtre dans la cour par Charles Danowitz. Il est ensuite transporté au gibet de Montfaucon où il est exhibé, pendu par les pieds.
(1) sources internet (2) sources Mr Tuffery (le livre de Venerque)
Statue de COLIGNY oratoire du Louvre
(Contrairement à ce qu’indique la statue, il est bien né en 1519) L’assassinat de COLIGNY d’après Agrippa d’Aubigné

